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-ENCYCLOPÉDIE

METHODIQUE.

HISTOIRE NATURELLE.

ENTOMOLOGIE, ou HISTOIRE NATURELLE

DES CRUSTACÉS, DES ARACHNIDES ET DES INSECTES, Par M. LATREILLE,

MEMBRE DE L' INSTITUT, ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, etc.

TOME NEUVIÈME.

Par M. LATREILLE^ de l'Académie des Sciences, et M. Go DART 9

ancien Proviseur du Lycée de Bonn , etc.

A PARIS,

Chez. Mme. veuve A casse, Imprimeur -Libraire, rue des Poitevins, n°- 6.

M. DCCCXIX.

AVERTISSEMENT.

J_jA mort ayant enlevé aux sciences naturelles, qu'il avoit tant illus- trées , M. Olivier , rédacteur de la partie des Insectes de V Encyclo- pédie méthodique , à laquelle j'avois déjà coopéré pour un grand nombre d'articles (tome VIII, 2.°. partie), j'ai été chargé par l'Éditeur, Mm\ Agasse, de sa continuation. Lorsque cette proposition m'a été faite , d'autres entreprises littéraires absorboient presque tout mon temps , et ne me permettoient point de me livrer , du moins en- tièrement, à celle-ci. Voulant néanmoins répondre aux sollicitations et aux vœux de l'Editeur , qui , malgré les circonstances difficiles du com- merce , fait tous les sacrifices nécessaires pour terminer ce grand ou- vrage , j'ai invité un de mes amis , M. Godait , ancien proviseur du Lycée de Bonn, à m'aider momentanément dans ce nouveau travail. Accoutumés à voir des noms célèbres ou très-connus à la tête des dif- férentes parties de Y Encyclopédie méthodique } mes lecteurs concevront peut-être des inquiétudes sur le succès de l'exécution. Il m'est facile de justifier le choix que j'ai fait. Le premier des articles dont la rédaction m'est confiée est celui de Papillon. M. Godart a étudié depuis long- temps et d'une manière approfondie ces insectes , ainsi que les autres du même Ordre. Il possédoit même en Lépidoptères européens une des plus belles collections de Paris. Celle du Jardin du Pvoi , la plus nom- breuse peut-être de toutes , celles de MM. Dufresne et Valenciennes et la mienne ont été à sa disposition ; son travail a été fait sous mes yeux, et M. Godart a toujours demandé mes conseils dans toutes les difficultés qu'il a rencontrées. Il s'y est abandonné avec tout le zèle d'un véri-

Hijl. Nat. InJ. Tome IX. A

ïj AVERTISSEMENT.

table ami de la nature. J'ai vu avec plaisir qu'il avoit éclairci la syno- nymie trop embrouillée d'un grand nombre d'espèces ; qu'il en avoit réforme plusieurs , dont les caractères reposoient sur de simples diffé- rences sexuelles , et qu'il en avoit décrit , dans ce demi-volume , plus de quatre-vingt qui avoient échappé aux recherches de Fabricius , de Cra- mer, etc. A l'exception des généralités préliminaires , que je m'étois réservées , cet article Papillon lui est absolument propre ; et si la justice ne me commandoit point cet aveu , je ne craindrois point d'y mettre mon nom.

P. A. L ATE.EILLE ,

de l'Académie Royale des Sciences.

P A P

.TAPILLON. Papilio. Linn. Geoff. de Géer, Oliv. Genre d'infccies de l'Ordre des Lépidoptères, &. qui, confidéré dans fon étendue primitive, ou celle que lui oui donnée 11» naturalises précités, a pour caractères : les quatre ailes, ou quelquefois les fupérieures feulement , élevées dans le repos ; point de croche! écailleux & en forme de crin au bord antérieur des inférieures pour retenir les deux autres; antennes plus groffes vers leur extrémité.

Olivier pré l'enta, dans le quatrième volume de fa partie de l'hifloire naturelle de ce grand ou- vrage, le tableau de l'a divifion méthodique des infectes. Ce volume parut en 1789; &, fi l'on en excepte Scopolï , qui , dans l'on Introduction à l'Hi/loire naturelle, publiée a Prague en 17-7, avoit formé avec les Papillons plébéiens ruruux de Linnseus, quelques nouveaux genres, mais éta- blis fur une faillie baie , les naturaliftes , à celle époque . n a\ oient rien changé aux limites que le Pline fuédois avoil aflignées a fon genre Papilio. Fabricius même, quoique le nombre des efpèces décrites le fût Gnguliè renient accru, avoit juf- que-là fuivi, à cet égard, l'on maître. Olivier les imita, &, fans avoir égard aux grandes modifi- cations que ce genre avoil éprouvées depuis, il a toujours renvoyé au mot Papillon l'expofé de ces couper nouvelles.

Il nous a laiffé une délie énorme & qu'il c(l dif- ficile d'acquitter; car il s'agit de remplir un cadre d'une élendue fans exemple; de rafiembler dans un même article les deferiptions de plus de quinze cents efpèces , &: de taire en forte que nos Ici leurs puiflent cependant arriver fans peine à la con- noifl'ance de celles qu'ils ont fous les yeux & donl ils cherchent les noms. Ils fendront , j'cfpère , combien notre tache cil pénible.

Si Ton envifage les Papillons fous le rapport de la facilité du vol & fous celui de leurs omemens, l'on fera tenté de croire que l'auteur de la nature a voulu leur accorder , à cet égard, une forte de fuprématie fur les autres infectes. Une telle idée n'a fans doute pas dirigé de Géer & Olivierdans leurs dillributions méthodiques de ces animaux ; mais il n'en elt pas moins vrai qu'ils ont mis les Papillons à la tête de la clall'c des iufeaCs. 11 fem- ble que la nature ait eu l'intention de reproduire ici ces colibris & ces oijeau.i-mouches , qui, par la richeflé & la variété de leurs couleurs, fiirpaflent les autres animaux de la clalfe dont ils font par- tie, celle des oifeaux. L'imitation fe retrouve juf- que dans les organes qui leur fervent à prendre leur nourriture; là, comme ici, ces organes font en forme de trompe, &. deïlinés à pomper le fuc des (leurs. Dans la plupart des antres infectes , les ailes n'ont rigoureufeinent que l'étendue néccllaire

1 à l'exécution de leurs mouvemens. Celles qui fuit membraneufes , ou femblables à du talc , font peu & rarement colorées dans les infecles à éluis , ou les Coléoptères ; les teintes de ces écailles font pro- duites par une efpèce de tiffu muqueux & inté- rieur qui fait l'office de vernis. Mais à l'égard des Lépidoptères, & des Papillons furtont, la nature a modifié fon plan ; elle s'efl plue à augtnenler la fnrface des ailes & à les façonner de mille ma- nières différentes. Comme fi elle fe fût propofé de jouer ici le rôle de peintre, elle a donné plus d'étendue aux corps fur lefquels elle devoit exer- cer l'on pinceau; &, pour rendre fes tableaux plus agréables , elle a même voulu en varier les formes. Elle a employé pour les infectes un nouveau genre de peinture, celui que l'on déligne fous le nom de mofaique. Des écailles en nombre infini, di- versement colorées, implantées fur les deux lui- faces de leurs ailes &. difpofées par imbrication, comme les tuiles d'un toil, 8c avec une harmonie admirable, compofent par leur réunion ces del- fius (i élégans & fi divcrfiliés qui furprcnnenl S: charment nos regards. Il cl oit inutile (pie les par- tics cachées, ou qui font habituellement recou- vertes par d'autres, fuflenl parées. C'eft ainG, paï exemple, que, dans les Coléoptères, le deffous des élylres, lors même qu'elles fout très-ornées eu deil'us , efl ordinairement d'une teinte uniforme. & fouvent même obfcure. Mais comme , dans les Papillons, les ailes forment en volume la portion la plus confidérable de leur corps, & que , par leur pofition naturelle, elles préfi nient leurs dvirA fur- faces , ces organes, plus ou moins colorés de part 8i d'antre, peuvent nous offrir, dans la même efpèce , quatre tableaux dillérens ; quelquefois même ceux de la face inférieure font plus diflin- gués & plus riches que ceux de la face oppofée. Enfin la nature, à l'égard des Papillons, a élé fi prodigue, en quelque forte, de ce genre d'or- nemens , que, contre ion habitude, elle a voulu que ces animaux les enflent jufque dans leur en- fance , ou fous la forme de chenilles , & fouvent encore fous celle de chryfalides.

Le genre Papillon de Linnseus & d'Olivier forme aujourd'hui notre première famille de l'Or- dre des Lépidoptères, celle des Diurnes, ou des efpèces que les amateurs ont coutume d'appeler Papillons de jour. Celles avec lefquelles Linnseus a compofé l'a divifion des Chevaliers (équités) , la première du genre, ont feules retenu la dé- nomination générale de Papillons.

Parleur organifatiou générale les Lépidoptères diurnes ne s'éloignent point des autres infectes du même Ordre , & il feroit luperflu de reproduire ici des caractères qui leur font communs Se qui eut

4

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été ex'pofés à l'article Lépidoptères. 11 n'( .'! qu'un feul point , & fur lequel des observations nouvelles & importantes, recueillies par M. Savigny, depuis l'iraprefliun de cet article, nous obligent à reve- nir; c'ell la compofilion de la bouche de ces in- fecles; elle ne dill'ère pas organiquement, comme on l'avoit cru, de celle des înfedles broyeurs, ou pourvus de mâchoires. Déjà, dans mon Ihlloire générale de ces animaux , ainfi que dans mon (ienera Crujlaceorum & Injèctorum , j'avois af- fimilJ les deux Lunes ou filets de la trompe des Lépidoptères aux deux mâchoires des infecles broyeurs; mais je u'avois pas poulie plus loin celle analogie. M. Savigny nous a t'ait voir que la baie du dos de tes parties ofï'roit, dans toutes le elpc- ces , nn palpe ordinairement très-petit Se à peine fenfii:'!c , de deux ou trois articles ; que les deux palpes apparens & tri - articulés , ceux que l'on aperçoit au premier coup d'oeil, &qui, placés fur les côtés de la trompe & recourbés, lui for- ment, pour le temps d'inaction , une (brie de gaine , étoient des palpes labiaux ; qu'ils étoient même inférés fur une pièce qu'on pouvoit confi- dérer comme une lèvre inférieure , celle qui, en manière de plaque triangulaire, ferme la cavité orale, immédiatement au-deflbus de la trompe. Il cit enfin parvenu à compléter cette fimilitude de rapports parla découverte d'un labre ou lèvre fupérieure & de deux autres petites pièces limées , une de chaque côté, au bord antérieur (in cha- peron , Si qui paroiflent être des voltiges de man- dibules. Je les avois obfervécs depuis long-temps; mais, comme elles font cachées fit inutiles à la fondîion de la déglutition, je n'avois pas cru de- voir en parler. Puifque les Lépidoptères ont tous quatre palpes, il ell néceffaire de les d 'ligner par des dénominations particulières. J'appellerai donc les plus grands, ou ceux qui le préfentent d'abord à la vue , labiaux ou inférieurs; dès-lors il ell naturel de nommer les deux autres palpes maxil- laires ou Supérieurs. Ces derniers font conflam- ment très-petils , nus , à peine fenfiblés Se de deux articles dans les Lépidoptères diurnes. Les pré- cédons ou les inférieurs font très-fournis d'écaillés

ou de poils , coniques

,lindr

qui

relevés ou afeendans, fouvent comprimés, & pré- fentent dans les longueurs refpeaives de leurs articles, dans la forme & les proportions du der- nier notamment, enfin, dans leur écart ou leur rapprochement, des différences appréciables & qui fourniffent de bons caractères pour la diftinftion clés cou] es. Il ell même probable qu'un examen atten- tif &. fcrupuleux des autres parties de la bouche nous donnera le moyen de fortifier les précédens , fi même on n'y découvre pas des caraclères parti

culiers. En renda

à la jufteffe de ces

observations délicates , nous nous garderons ce- pendant bien d'approuver les conféquences qn'on p-mrroit en déduire pour étayer le fyflème de la transformation générale & graduelle des êtres vi-

P A P

vans & des modifications infcufibles de leurs or- ganes. Dans l'état actuel de la feience nous ne

connoiir us point d'mb ries dont les organes maf- ticaleurs nous coudu lent , par des tranlilions nuancées de formes , aux Lépidoptères. On \ ar- rive brulquement, & la trompe des Lépidoptères nous préfente un mode de flruclure qui lui efl e.x- elulivement propre. ( Voyez Bouche des Infecles , féconde édition du Nouveau Dictionnaire d'Hif- toire naturelle.} Plufieurs Lépidoptères , tant cré- pnfculaires {Sphinx Lmn. ) que notlurnes (J'/ia- Icena Linn. ), font privés de trompe ou de langue , ou n'en offrent que les rudimens. Mais tous les diurnes connus en ont une trcs-diflmïle & même généralement longue. Ils font les feuls du même Or- dre qui aient les ailes toujours libres ; dans les au- tres, les ailes inférieures ont au bord antérieur, tout près de leur nai fiance , un crin roule , éeailleux, liiiillant en pointe acérée , Si qui , lorfque l'animal ell en repas y palTe dans une coulilfe ou un anneau d'une partie correl'pondanle du défions des ailes fupérieures , les alYujetlit & les tient fixes. L'ab- fence de cette efpèce de frein ou de bride forme dans L:s Diurnes nn caraclère négaiif plus cer- tain & plus confiant que celui que l'on tire de l'epaiffiffement terminal de leurs antennes ; car celles de plufieurs Hejpéries &. des Uranies fur- tout font prel'qu'en forme de foie, St des efpèces de ce dernier genre avoient élé rangées, pour ce motif, parmi les Lépidoptères nodlurnes. Déjà aulli clans les Hefpéries, ou les Papillons ellropiés- dc Geoffroy, qui avoifïrrent les Crépilfculaires , le porl d'ailes ell différent ;les inférieures font prefque parallèles au plan de pofition , tandis cpie les fupé- rieures font relevées , fans être abloliiment perpen- diculaires & fans le toucher.

Voilà ce qui diftingue les Diurnes des autres Lépidoptères; examinés en particulier , ils nous offrent les caraclères fuivans :

Les Diurnes ont le corps alongé , toujours velu ou couvert d'écaillés; la tête arrondie, com- primée en devant, moins 1 ligne que large, plus étroite que le corfelet , portant doux antennes ordinairement plus courtes que le corps , coni- pofées d'un grand nombre d'articles peu diftinôs, filiformes jul'que près du bout, & terminées par un bouton ou uu renflement plus ou moins alongé; les deux palpes extérieurs , ou les inférieurs , cylindri- ques ou coniques, couverts d' écailles ou très-velus, de trois articles , dont le dernier très-petit ou prefque nul dans plufieurs; une langue filiforme, roulée en fpirale & entre les palpes dans l'inaclion, de deux pièces s'engrenant l'une dans l'autre & for- mant un tuyau pallc la liqueur mielleufe des fleurs , qui y monte & parvient jufqu'à l'œfophage au moyeu du rapprochement partiel & fuceeliif de la trompe entière ; deux yeux ovales , à réfeau , grands ; le corfelet ovale , de trois lég- uions bien unis & dont l'antérieur très-court , Iranfverfal , en forme de collier ; l'abdomen

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èvale-alongéou pfefquecj lindriqne, fi nvent com- primé latéral émeut, toujours mou; quatre grandes ailes farineufes , ou couvertes de petites écail- les difpofées fur le fond membraneux de l'aile ;

ces ailes font triangulaires dans les uns, oblon- gues ou ovales dans les autres; l'infecte , lorf- qu'il ell en repos , les élève prefque toujours dans une fituation perpendiculaire ; leur bord poltérieur, dans ceux qui les ont en.. triangle curviligne , préfente fouvent beaucoup d'inéga- lités, comme des dentelures de dGverfes formes, des efpèces de queues ; les ailes fupérieures le Couchent fur une lionne partie des inférieures ; celles-ci ont le côté interne concave ou plillé longitudinaleraent , formant même par l'es plis, dans qui Iques efpèces exotiques de notre genre Papillon proprement dit, une poche très-ve- loutée à l'intérieur ; l'abdomen du rnàle cil pro- fondément divifé à l'on extrémité poftérieure on deux lobes ou valvules prefqu'ovales , en forme de pinces ou de cuillers , ayant à leur face interne & concave un appendice écaille» .\ & denté. Au point lupérieur de réunion de ces deux lobes , & dans leur entre-deux, ell une autre pièce de la même confiilance , avancée, linéaire, arrondie & un peu courbée au bout; le pénis , ou l'or- gane l'oxuel proprement dit , ell intérieur & ren- fermé entre deux autres parties pareillement cor- nées, comprimées, angulcufes ou un peu dentées à leur bord lupérieur, & l'.ulaul. à ce qu'il paroit, l'office de pinces ; elles occupent , avec le pénis , le milieu de la cavité intérieure , coniprife entre les valvules terminales.

Il ell eflentiel de connoîlre les fexes de ces infectes , les ailes du mâle & de la femelle n'étant pas toujours colorées de même. Les pattes font au nombre de fix ; les jambes n'ont fouvent que deux éperons ou deux épines plus longues 8c fituéesi leur extrémité ; mais dans les Hefpérides, les deux jambes poftérieures en ont encore deux, placées vers le milieu du côté interne. Les taries ont cinq articles; le dernier ell terminé par deux crochets dont la forme varie. Les pattes anté- rieures font , dans un très-grand nombre , inu- tiles à l'acîion de marcher ; "tantôt elles reflem- blenl eilènlielleuient aux quatre autres , mais elles font très-petites 8c cachées; tantôt , quoique tou- jours plus courtes, elles font fans crochets , plus apparentes , beaucoup plus velues que les autres , prefque repliées fur elles-mêmes de chaque côté du cou , en manière de cordon ou de pendant de palatine ; ce qui les a fait nommer^ite en palatine. Si les iix pattes font femblables Se à peu près également propres à la marche , le Pa- pillon efl hexapode ; li les deux antérieures font ou très-petites ou en palatine , il ell tétrapode } c'ell-à-dire que l'infecte a fix pieds ambulatoires 1 dans le premier cas , & quatre dans le fécond.

Les Lépidoptères diurnes, ainfi que l'indique | cette defignation , ne volent que pendant le jour; i

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t encore faut-il que l'aftre qui y préfide foit de- puis quelque temps fur l'horizon & qu'il les ait invités . par un aecroiflement de chaleur , à quit- ter leur retraite. 11 en ell prefque de leur ma- nière de voler comme de celle des oifeaux j elle varie félon les races , & les naturalifles , laits à ces fortes d'obfervalions , distinguent fouvent les efpèces nu moyen de ces habitudes.

Bien plus frêles que la plupart des autres in- fectes , les Lépidoptères diurnes doivent redouter les temps pluvieux. La gaze de leurs ailes feroit bientôt froiffée ou altérée , & , incapables de faire ufage de ces organes, ils périroient fans avoir rempli le but de la nature. Ueltinés à fe nourrir du lue des (leurs, la faifon de l'hiver ne pou- voil leur convenir. Ceux qui exiilent alors, foit fous la forme de chenilles ou de chr\ falides, foit, mais rarement , fous celle d'infeâes parfaits, font dans un étal léthargique & n'ont pas befoin d'ali- mens pendant ce long fommeil. Certaines efpèces de Piérides, de Co/iades & de Thaïs, ou de celles que l'on défigne fous le nom de Papillons braffi- caires , & quelques-unes de leurs analogues, pa- rodient dès les derniers beaux jours de l'hiver ou au commencement du printemps ; plu fleurs d entr elles néanmoins ne produifent qu'une feule génération par année, les plantes printanières , dont leurs chenilles fe nourrillent exclufivement ,

ayai

difl

ai a

c elt aux mois de juin &. de

uillet que les Diurnes , dans nos climats , le mon- trent en plus grande abondance; quelques efpèces, du genre des Satyres , font plus tardives. La pollé- rilé de plusieurs Diurnes précoces fe développe promplen eut & le renouvelle dans l'arrièi e-faili u. Les bois & les forêts font les lieux les plus favo- rables à la multiplication de ces inléites; c'efl la aulli qu'il faut les chercher 8c épier, pour ainfidire, les premiers inilans de leur apparition , afin de pouvoir failir des individus d'une grande fraîcheur. L'éducation de leurs chenilles, ainfi que celle des autres Lépidoptères , quoique exigeant plus de foins , ell plus avanlageufe fous rc rapport 8c plus profitable a la feience , puifque elle procure desdocumens certains furies mœurs- Scies habitudes île ces animaux. Quelques Diurnes , du genre des Satyres, fe tiennent de préférence dans les endroits rocailleux ou pierreux. D'autres efpèces aiment les ruill'eaux ou les lieux humides. En général , les localités ces infectes fe trou- vent le plus habituellement font déterminées par la préfence des végétaux qui doivent fervir de nourriture à leur race , & fur lefquels ou au- près de (quels les femelles dépotent leurs œufs.

Certaines efpèces n'habi

qui

tagnes .

& quelques-unes même s'y tiennent a une élé- vation coniidérable , parce que feulement croillent les plantes qui alimenteront leur fa- mille. La réunion des deux fexes s'opère en plein jour, 8c fouvent le mâle entraîne dans les airs la compagne de les plaifirs. Celui-ci périt bientôt

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«près : la femelle aune aulre lâche à remplir, celle de faire (a poule. Dès qu'elle ell terminée & qu'elle «! aiuli fatisfait au vœu de la nature , elle devient inutile pour elle 8t la même deftinée l'attend.

Les chenilles des Lépidoptères diurnes ont conf- tamnu-iit l'eize pieds , vivent toutes de feuilles découvert. Leur peau eftleplus fouvent colorée de vert ou de jaunâtre. Les unes l'ont raies ou n'ont qu'un limple duvet; d'autres font chargées, l'oit d'épines plus ou moins nombreufes, tantôt (im- pies & tantôt déniées ou même rameutes, foil de tubercules charnus , quelquefois couronnés par de petites aigrettes de poils; telles font la plupart des chenilles des Danaïdes, des Héliconiens , des Argynnes, des Vaneffes & des Nymphales. La plupart de celles du dernier genre, ainfi que celles des Satyres, ont l'extrémité poftérieure du Corps bifide, ou terminée par deux pointes en manière de fourche. Celles des Papillons propre- ment dits &. des Parnaffiens fout fortir de la partie fupérieure du cou, lorfqu'on les inquiète OU qu'elles font menacées de quelque danger, un tentacule charnu, très-mou, ordinairement Fougeâlre, divifé en deux branches à ion extré- mité Se répandant une odeur délagréable.

Les chrvfalides des Lépidoptères diurnes font prelque toujours nues ou fans coque, attachées parla queue avec de la foie, & fouvent, en outre, au milieu du corps, a Taule d'un lien de la même matière & difpofé tranfverfalement en forme de boucle ou de demi-anneau. Les premières , ou celles qui font iniquement fixées par l'extrémité poité- rieure du corps, ont une direction perpendicu- laire a l'horizon, avec la tèle eu lias. La plupart de ces chrvfalides ont des pointes ou des éininences angulaires. L'extrémité antérieure ell fouvent avancée en manière de bec ou de pointe, quel- quefois même fourchue, Plufieurs ont des lâches tloi ces nu argentées ; c'ell de-la qu'ell venu le nom de chryfiilide , qu'on a euluile appli pié a toutes les n\ mphes de cet Ordre. Les Papillons plébéiens de Liunœus font prelque les feuls dont les ebry-

foient arrondies & unies. Les chenilles .de ceux rju'il dilhngue fuis le nom de ruraux, s'éloignent aulli par leur forme ovale, raccourcie

lable à cille de; cloportes, des chenilles d< i mires Lépidoptères qui eut le corps alongé & ; lus ou moins cylindrique.

Enfin les chrvfalides d'une parlie de ces Pa- pillons plébéiens , les urbicoles ou les derniers de la famille, font renfermées dans une coque ébau- chée. Les Parnaffiens foui , de tous les autres Lé- pidoptères diurnes, les feuls qui nous montrent une pareille anomalie.

f.es métamorphofes des diurnes, qui ne donnent qu'une génération par année , s'accomplifl'ent dans l'-efpace de neuf à douze mois. La durée des an- tres ell beaucoup plus courte &. varie félon l'épo- que de la première apparition de ces infectes & les vicifîitudes (le la tempéiature.

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Nous allons reudre compte des différentes dis- tributions méthodiques des Lépidoptères diurnes; nous expolerons enfuite celle que nous fuivrons dans cet ouvrage.

Linnseus , dans les premières éditions de Lui S\jU'iini natuixv , & dans la première de l'a Faune J'ucdoife , ne divife l'Ordre des Lépidoptères qu'en deux genres, celui de Papillon &. celui de Pha- lène y il partage le premier de la manière fui- vanle : i°. quatre pieds; 2°. fix pieds, ailes éle- vées, anguleufes; 5°. iix pieds, ailes élevées, arrondies; 4°. Iix pieds, ailes étendues ; 5°. fix pieds, ailes réfléchies. 11 ne diltinguoit pas alors les Sphinx des Phalènes. Plus lard, ou clans les dernières éditions de fon même Syftema, le genre Papillon , qu'il n'avoit jufqu'ici caraclérifé que par le renflement terminal des antennes, acquit un fignalcment nouveau &. tiré de la pofilion des ailes; elles font élevées & connivenles lupérieu- rement , le vol efl diurne. Les efpèces lurent dif- rribuées en fix phalanges :

a. Les Chevaliers, Equités. Les ailes fapé- rieures font plus longues de l'angle poftérieur à leur extrémité que de cet angle à la baie , ou, ce qui efl plus fitnple , le côté poftérieur eft plus long (pie l'interne; les antennes font fouvent filiformes-.

Parmi \esEquiies, ceux qui ont des taches cou- leur de lang à la poitrine , & qui le plus fouvent font noirs , forment une première fubdivifion , celle des Troyens ( Trocs').

Ceux dont la poitrine n'offre point de tache» femblables , mais qui en ont une en forme d'uul à l'angle anal, ou l'interne du bord poftérieur il< s inférieures, cbmpoft nt la féconde fubdivifion, celle des Grecs (^efnei).

La plupart des efpèces de ces deux fubdivifions | portent effectivement des noms de héros grecs &. ' troyens. Plufieurs d'en tr'elles ne font pas pour nous des Papillons proprement dils.

b. Les Héliconiens , Helieonu. Les ailes font étroites , très-entières ou un peu dentées , fou- vent nues & fans écailles ; les fupérieures font oblongues & les inférieures très-courtes.

c. Les Danaïdes, Danai. Les ailes font pref- qu'enlières. 11 les diflingue eu Danaïdes blanches {eaiululi) & en Danaïdes bigarrées (jljtiei), félon que les ailes font tout-à-fait ou prefqu'en- lierenu nt blanches , ou de diverfès couleurs. Les noms d'un certain nombre d'efpèces de cette pha- lange , furtout parmi les candidi , fembleroient annoncer que Liuna-us a eu plutôt en vue les filles de Danaiis que les Argiens & les Grecs en général , & qu'il n'a employé le mot Danai que comme ad- jeclif de Papilio.

d. Les Nymphales, Nymphales. Les ailes font ordinairement dentelées. Les unes , geminati , ont des taches oculaires fur ces ailes : ce font les rem- plies à yeux de plufieurs auteurs. Les autres , phaleraii, n'eu ont point ; ce fout les nymph.es

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Plébéiens , Plebeii. La chenille urte ou contractée.

que ceux des par Réaumur, Famille P | (on plutôl in

P A P

iffes de Papillons di

égales ; bord fécondes ailes

!.,:

e défions du ven Famille 2e. Six pa

:iles ; bord infériei L' venir embraffer

le? fupérieu- étant jamais us une fitua-

Les Ruraux {rurales') ont des lactés pi

obfcurcs que le fond.

Les Urbicoles {urbicolae). Ils ont le plus fo

vent des tachés Iranfoarenles.

... . T - r | c]cs aiJes fe recourbant po

On voit que Linna-us avoit abandonne Ion an- ...... r

, } , , j r couvrir le deilus du ventre,

cienne méthode, du moins quant aux divilions _ ,

premières , celles qui font fonde'es fur le nombre ! Famille 3«. Six patles égales; ai des pieds : quatre tetrapi , l.v hexapi. Elle e'toit ! «s, hirlqu'elles font redreilées , n cependant très-naturelle & bien plus l'are que; perpendiculaires au corps , mais da celle-ci. I ,lun 'nchnée en arrière par rapport a la ligne du

Geoffroy , Hijl. abrégée des Infedes . tom. II , ; corps : ce font les Papillons eflropiés de Geoffroy, pag. 3a, fuivit & perfectionna ia première. Son ou les Plébéiens urbicoles. genre Papillon fe compofe de deux familles , félon que les individus n'ont que quatre pieds propres à la marche , les deux antérieurs étant '• repliés , ou qu'ils eu ont Gx , tous femblables, & dont l'animal fe fert pareillement, l'oit pour mar- cher , l'oit pour fe foulenir. Les premiers , qui ont été appelés maçons ou grimpons , font diftribués

Famille

Quatre pattes aivilimiét.s cnnl

en trois paragraphes. Dans le premier les Pa- pillons viennent de chenilles épineufes ; leurs an- tennes font terminées par un bouton prefque rond ; les pattes de devant l'ont courtes , velues , ramaf- fées près du cou ; les ailes font anguleufes & loti- rent très-découpées à leurs bords. Les efpèces du fécond paragraphe ol'lunt les mêmes c.ir.u'b m - , à cette feule différence près que les bords de leurs i ailes font arrondis et nullement découpés. Dans ' lelroiCème paragraphe les chenilles ne l'ont point ' épineufes; les deux pattes antérieures de l'inleclc ' parfait font très-courtes , mais nullement velues. '■ Les chryfalides des Papillons de celle famille font ' toutes pol'ées perpendiculairement & fufpendues parla queue, la lêie en bas. Celles de la féconde famille , ou des Papillons à Gx pâlies ambula- toires, font polées trahfverfalement & attachées par la queue & par le milieu du corps , nu moyen d'un anneau ou d'une anfe de lils. Aucun de ces Papillons ne vient de chenille épineufe , tV plu- heurs ont le boulon, qui termine chaque antenne , alongé comme un fu l'eau. Cette famille el! l'ubdi- vilée de la mamèie fuivante : les grands porte- queue , les petits porte-queue , les argus , les ej- j mrL1K. ,run

les deux anterien- es repliées &. appliquées contre la poitrine ; elles font comme taullès &. terminées par des efpèces de cordons, femLlables aux peudans de palatines de peau.

Famille 3e. Quatre pattes; les deux antérieu- res appliquées contre la poilrine , mais d'ailleurs faites comme les autres , & Amplement Lrès- pelites.

De Géer, à l'égard des Irois premières familles, s'ell fervi d'un enrichie dont Geoffroy n'avoit pas fait ufage, celui de la direction du bord interne des fécondes ailes; mais, d'autre part, il n'a pas employé, pour Ggnaler fes coupes , un caractère ;, , dont le naturalifte français avoit tiré avantage, celui que fournit la confidération des Chenilles &; des Chryfalides. Sa quatrième famille fe compofe de genres de Diurnes très-dill 'rens fous ci s rapports, comme de Vanejjes , à'Argyn- nes & de Satyres.

Il ell évidr ut que les Plébéiens de Linnœus eon- duifent, par ceux qu'il appelle Urbicoles. à la famille dès Crépnfculaires, ou au genre Sphinx de cel auteur. Il nvoit très-bien fenli ces rapports; mais , dans les deux méthodes que nous venons d'expofer, ces Plébéiens font réellemen: déplacés ou hors de leur rang naturel.

Scop li (Faune de lu Camiole) avoit d'abord

diyile les efpèces du genre Papillon eu télrapes

pieds) & en hexapes ( fix pieds). Ce

. même genre, dans fou Introduction à l'Hi/ioi/e tropiés & les Papillons du chou ou brajficaires. j natureffe } imprimée en 17-77, & à une époque Les leconde , troihème & quatrième leitions em- j 1;l mL-.,h0de de MM. Denis '&. Sehiffermuller {Ca- braflent les Papillons plébéiens de Linna-us, ceux ( hlL Syji des Lépjdop. de Vienne ) étoit connue , aveclelquelsrabncms compole le genre Hefpena \ forme ja 3,. race ou peuplade {gens) de fa tribu de Ion Entomologie fyjlématique. Ces améliora- fLNieme du règne animal, celle de Roè'fel ou des lions de la méthode ne font qu une application! Lépidoptères. Il fépare des Papillons proprement des principes établis par Réaumur, dans fes ex- , dits ies plébéiens ru ncoles de Linuœus & en corn- cellens Mémoires lur les miettes.

Un de fes autres difciples , qui écrivit après I Geoffroy, de Géer. profita habilement des lu- jnières de l'un &. de l'autre, & fit faire, par fes ' propres obl'ervations , de grands pas à la feience. Il divife les Papillons en cinq familles, dont les j caractères font les mêmes , de l'on propre aveu , 1

pofe les genres Argyrus , Argus, Pterourus , Battus , Graphium & AJcia. Mais je ne puis con- cevoir comment un naturalifte auffi inftruit a pu les établir fur des caractères tirés de l'abfence ou de la préfence des taches des ailes , de leur dil'pofi- tion , & de la forme des ailes inférieures ( avec une queue ou fans queue ). On pourruit tout un

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plus le pardonner aux naluraliftes antérieurs à Anltole.

Fabricius, dans fes premiers ouvrages fur l'En- tomologie , ne lil aucun changement à la diftri- huliondu genre Papilio de Linnauis ; mais, dans fon Entomologie Jyjlématique , il en a détaché les Plébéiens fous le nom générique A'Refpérie , & aux autres divifions du genre Papillon , il en ajoute deux, celle des Parnqffiens , précédant immédiatement les Danaïdes blanches , & celle des Satyres , qui vient après ces Danaïdes & ter- mine le genre Papillon.

Le groupe des Satyres efl une forte de maga- fin cet auteur a réuni les efpèces dont il n'a- voit fu que faire , ou qu'il ne pouvoit rapporter aux coupes précédentes. Il paroil, eu le compofant , avoir pris pour type la quatrième famille des Pa- pillons de de Géer.

Le nombre des efpèces nouvelles , découvertes en Europe ou dans les pays étrangers , étant fort confidérablè , l'étude du genre Papillon , quoique reflreint par la féparation de celui d'Hefpérie , devénoit très-difficile , & il étoit nécèffaire d'en diminuer l'étendue par la formation de plufieurs nouvelles coupes génériques. J'en avois indiqué quelques-unes dans mon Hi/loire générale des Jnfeées. Fabricius a établi dans fon dernier ou- vrage, le Syjlème des GloJJ'ates , quarante genres de plus. L'expofition de leurs caractères nous mè- neroit trop loin ; nous nous bornerons donc à donner la corrèfpondance de fes coupes avec les cotres.

Celles de ce célèbre naturalise font fondées fin- ies variétés de forme & de compofition que pré- fentent les palpes inférieurs S; les antennes de ces jnlecles. Ou fait que leurs antennes font conipo- fées d'un grand nombre de petits articles, tou- jours fimples ; qu'elles font plus courtes que le corps , Si qu'en général elles s'alongenl progief- Cvement avec lui &. avec les ailes 5 que, dans les uns , elles fe terminent par un rendement bruf- que, femblable à une petite malfue, foit en forme de cône renverfé , foit plus ou moins ovoïde ; qu'elles font , dans les autres , prefque filiformes , du qu'elles ne grolli lient quinfenublement vers leur extrémité. Des coupes , parfaitement natu- relles par la généralité de leurs rapports , offrent néanmoins dans la forme de ces organes quelques différences ; ce qui nous indique combien nous devons être réfervés dans l'emploi des caractères qu'ils nous fourniff'ent; c'elf une des raifon's qui nous ont déterminé. à ne pas adopter encore tous les genres établis par Fabricius dans fon Syjlème des Glo/Jiites ou des Lépidoptères , ouvrage cju'il icdigeoit lorfque la mort l'a enlevé à la feienee qu'il avoit illuftrée , ouvrage dont llliger , que nous avons eu le malheur de perdre peu de temps après , a donné un extrait ( Magajin des Infectes l?,o7). Xous n'avons qu'un petit nombre d'oblervations

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fur les mélamorphofes des Diurnes exotiques , îc Cette pénurie de documens arrêtera toujours le naluraliile qui s'occupera d'une diflribulion natu- relle de ces infectes. Les auteurs du Catalogue Jyjlématique des Lépidoptères des environs de T'innnc ont tiré un parti avantageux des connoif- fances qu'ils avoient recueillies à cet égard; mais, outre que plufieurs de leurs coupes , furloul parmi les nocturnes , ne font pas toujours naturelles & que leurs fignaleraens font fou vent très-vagues, combien efl bornée l'application de leur méthode, fi on la compare avec un lyllème général, ou qui doit embrafl'er toutes les efpèces connues ! L'ana- logie peut fans doute éclairer notre marche incer- taine; mais que d'efpèces exotiques fe refuient à cette fubordinalion & nous déroutent ! Enfin , parmi les Lépidoptères diurnes étrangers des col- lections les plus nombreulès & les plus riches, il en efl beaucoup dont les antennes ont été mutilées, ibuvent même remplacées par d'autres qui appar- tiennent à des efpèces très-différentes; il devient donc prefqu'impoffible , du moins dans bien des cas , de déterminer d'une manière pofilive quelle efl la place naturelle de ces infectes , pnifque l'on n'a point les données néc.effaires à la folution de ce problème.

11 ne nous refle plus qu'à dire un mot de la mé- thode qu'ont fuivie les auteurs du Catalogue Jyjlématique des Lépidnptèivs des environs de t tenue, méthode que M. Ocbf'enheimer a éten- due à toutes les efpèces d'Europe.

Le genre Papillon de Lin meus efl partagé en quinze familles , mais dont il faut retrancher la dernière, parce qu'elle efl compofée d' ' Afcalaphes de Fabricius, genre d'infecles de l'Ordre des Né- vroptères. Scopoli étoit déjà tombé dans une pa- reille erreur en plaçant une de ces efpèces a\ ce les Papillons. Les caraclères de ces coupes ont pour baie la forme, la couleur 8t les habitudes des che- nilles , leur manière de le métamorphofer , la figure & la dilpohtion de leurs chryfalides , enfin l'infecte parfait, confidéré fous le rapport du nom- bre de fes pieds, de la pofilion de fes ailes, de la figure de leur contour, du deflin & des couleurs de leurs furfaces.

Les cinq premières familles comprennent les i Lépidoptères diurnes hexapodes , ou à fix pieds, Si répondent aux genres fui vans de notre mé- thode :

1er. He/périe.

2e. ParnaU'ien.

3e. Thais & Papillon.

4e. Piéride.

5e. Coliade.

Les neuf autres familles font compofées dej Lépidoptères diurnes tétrapodes } ou à quatre pieds.

6°. Satyre.

7«. & 8e. NympTiak,

y. VaneJJh.

10e. Première

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10''. Première divifiun des Argynnes. i Ie. La féconde

12''., i51'. & i4e- Polyommate.

Menant à profit ces travaux & mes propres observations , j'ai eflayé moi-même , dans mes divers ouvrages fur les infectes, de faciliter 1 étude du genre Papilio de Linnaeus. Je l'avois d'abord partagé en huit genres: Nymphale, Héliconien, Danaïde, Païillon, Parnassien, Piéride, Po- iyommate & IIespérie. ( Xouf. Diction. d'H/Jt. mit., tome XXIV, tableaux, pag. i 24 & 12.5.)

Le premier offroil trois coupes : les Nymphales propres, les Nymphales-nacrés , les Nymphales- fatyres. J'ai adopté depuis quelques-uns des nou- veaux genres introduits par Fabricius , ceux dout les caractères m'ont paru les plus tranchés & les plus condans. La méthode que je vais préienl r eft cependant, je le confeffe , très-imparfaite en- core. Efpérons que M. Sieven , naturalise anglais, qui s'occupe depuis plufieurs années d'un f\ftème général lia- cet Ordre d'infectes , applanira enlin ïes difficultés qui entravent celle partie de la icieuce.

Mais difons auparavant un mot de la méthode de M. Duméril &. de celle de M. le chevalier de Lamarck.

Notre famille des Diurnes eft la même que celle que M. Duméril ( Zool. anal. ) a nommée Globu- ucornes ou Ropalocères. 11 la compote de trois genres : Papillon , Héléroptère , Hefpéric. Le fécond comprend les Plébéiens urbicoles ou les Eftropiés de Geoffroy , & le dernier les Plébéiens ruraux, ou nos Polyommales &. nos Erycines.

Cette même famille forme , dans l'Hiftoire na- turelle des animaux fans vertèbres de M. Lamarck, la féconde feclion de* Lépidoptères , celle des Pa- pilionides. Il y établit deux divifions qui embraf- Fenl la tribu que je nomme ainfi & celte des Hef- pérides. Sa féconde divifion renferme les genres Uranie & Hefpérie y l'autre, les genres Argus, Nymphale , Danaïde , Libythée , Piéride, Par- nq/fien, Thaïs & Papillon. Les trois derniers ne diffèrent aucunement de ceux que j'ai défignés de la même manière; mais il réunit les Coliades aux Piérides; les Héliconicns , les Acrées , les Idéa. aux Danaïdes ; les Vaneffes , les Argynnes , tes Bililis & nos Nymphales aux Lihytliées ; l's \ \ m- phales lont nos Satyres ; enfin l'on genre Argus elt un compote des genres Polyommate &. Erycine.

TABLEAU DE NOTRE MÉTHODE.

FAMILLE PREMIÈRE. Diurhes. Diurna. (Papilio. Litiu. Geoff. )

Les quatre ailes, ouïes supérieures au moins, élevées dans le repos ; point de crochet ou frein au bord antérieur des inférieures pour retenir Hijl. Nat. InJ. Tome IX.

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les précédentes; antennes plus grosses à leur extrémité. -•

TRIBU PREMIÈRE. Papiixonidf.s. Papilionides.

Jaml.es postérieures n'ayant qu'une paire d'épines ou d'ergots , savoir , celles du bout ; extrémité dès antennes droite on simplement un peu arquée au bout, et jamais fort crochue , les quatre ailes toujours élevées perpendicu - lairement dans le repos.

I. Chenilles alongées , prefque cylindriques y chryfalides alongées , anguleufes , ou unies , 5 renfermées alors dans une coque grnffière ; der- nier article des palpes inférieurs, ou le troifième, lorfqu'il <;// diflinél, au/fi concert d'écaillés que le précédent y crochets des tar/és très-apparens , grands , ou du moins de grandeur moyenne.'

i. Chryfalides fixées parla e/iteue & attachées en outre par un cordon trun/éerfal , en forme d'an fe , ou fans attaches femblables , mais ren- fermées dans des efpèces de coques y les deux, pre- miers articles des palpes inférieurs prefque de la même longueur y toutes les pattes femblables dans les deux fexes. (Ailes inférieures de plu- fieurs concaves , ou comme échancrées au bord interne.)

A. Bord interne des ailes inférieures concave , ou comme échancré ; crochets des tarfesj impies.

Genre Papillon. Papilio (t).

Palpes inférieurs très-courts, atteignant à peine le chaperon, obtus à leur extrémité fupérieurc; le troifième article, ou le dernier , point ou très- peu ditlinèl.

1. Bouton des antennes alongé. Le genre Papilio de Fabricius.

2. Bouton des antenne; court , prefqu' ovoïda Le genre Zelima du même.

G. Parnassien. Parnq/fius. (Doritis, Fab. )

Palpes inférieurs s'élevant fenfiblement au-delà du chaperon, cylindrico-coniques , à trois articles très-diltintls j bouton des antennes court, prefque ovoïde & droit. (Une poche cornée, & renfer- mant les œufs, à l'extrémité du ventre de la fe- melle. )

Nota. Les chenilles de ce genre & celles du précédent onf fur le cou un tentacule rétractde , mou & divifé en deux branches , en manière de cornes. 'Voyez les généralités hiltoriques. )

G. Thaïs. Thais. Fab.

Palpes s'élevant fenfiblement au-delà du cha-

(i) Quelques efpèces de ce genre avoient primitivement des noms féminins; on leur en a lubfHtué de mafculins , ahK cjj'il n'y ait point de dilparate tous ce rapport.

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peron,à trois articles très-diftinSs ; bouton des -antennes alongé , gbconico-ovale, courbe.

B. Ailes inférieures fans concavité m appa- rence d'échancrure au bord interne , & s' étendant fous le ventre ;